Office Sweet Office – Retour au Bureau – 26 mai 2020

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Ce qui frappe en premier lieu, lorsque l’on se dirige vers l’entrée, c’est le silence. L’absence de tout cet environnement sonore familier et rassurant : le ronronnement continu de l’escalator, transportant avec lui les voix des collègues qui se disent bonjour dans toutes les langues, le bip incessant et parfois capricieux des portails électroniques, les bruits de cuisine de la cafeteria toute proche.

Rien de tout cela.  N’entendant que le bruit claquant de mes pas dans les escaliers, je monte jusqu’au centre de contrôle du R3 et soulagée, suis accueillie par une équipe de sécurité, tout sourire et toujours fidèle au poste. Premiers échanges à 2 m règlementaires de distance tout en se désinfectant les mains.

En passant le sas, premier télescopage avec un membre de la haute direction, lui aussi toujours fidèle au poste depuis le début. Un je ne sais quoi de différent le concernant m’interpelle; j’ai trouvé ! C’est la tenue vestimentaire, plus casual (ce sera une constante tout au long de la journée pour toutes les personnes croisées).

Pour monter dans mon bureau, je découvre la nouvelle signalétique mise en place progressivement et tente scrupuleusement de m’y conformer même si je suis pour l’instant la seule et unique fonctionnaire errante au R2. Mais où sont-ils donc tous ?

Ayant finalement reçu des indices par téléphone, me voici dans un premier étage où je découvre une collègue, partagée entre le rire et l’exaspération, sous son bureau, en train d’essayer de reconnecter son PC pour pouvoir suivre correctement une session skype. Ce sont les joies de la débrouille, chaque fonctionnaire se transforme en McGyver, en tous cas visiblement dans la bonne humeur et cela fait plaisir. Sa voisine de bureau, à l’occasion de ma visite, me montre en primeur le petit instrument qui sert à ouvrir les portes sans les toucher. Ingénieux et pratique!

Je me dépêche pour mon premier rendez-vous officiel de la matinée et note que chaque membre de la haute direction est en binôme avec son assistante et cela depuis le 16 mars. Respect pour toutes ces collègues qui tiennent la barre aux côtés de leurs chefs.

Autre lieu, autre ambiance : quai de déchargement. Me voici dans le sous-bassement du bâtiment où une poignée de collègues a repris ses fonctions dans le cadre de la phase 1, ici pour recevoir les livraisons qui commencent à reprendre. Echanges. Tout à l’air d’aller.

Je pousse un peu plus tard la porte des services d’impression où le bruit des machines indique clairement que la reprise est aussi de mise. Les collègues travaillent en alternance pour produire toutes les affiches qui serviront à la signalétique COVID du bâtiment et d’autres travaux urgents nécessaire à la visibilité et aux activités de l’organisation. Ils tiennent à souligner combien le collègue de sécurité et hygiène a été disponible pour expliquer les nouveaux protocoles mis en place.

Départ fissa au 4e, mon étage de prédilection puisque c’est celui des ressources humaines, pour une visite à son Directeur qui confesse sa satisfaction d’avoir enfin une réunion avec quelqu’un en chair et en os. Scène digne d’un plan fellinien, où chacun se tient religieusement à une extrémité de la table. Nous n’avons plus qu’à nous passer le sel (ingrédient ne manquant jamais dans les discussions entre le Syndicat et HRD).

Retour dans mon bureau. J’attends mon prochain rendez-vous. C’est l’un des deux collègues chargés d’installer la signalétique à tous les étages qui me montre comment il faudra désormais se déplacer sur l’étage, dans les ascenseurs, dans les escaliers et même pour aller aux toilettes. Pas facile mais ce n’est qu’à ces conditions que le retour sera possible.

L’heure du déjeuner enfin ! J’ai le plaisir de retrouver le responsable et le cuisinier en chef d’ELDORA qui, eux non plus, n’ont jamais quitté le navire. La cafète est encore réduite à sa plus simple expression pendant la phase 1. On va chercher son assiette et on se place en quinconce dans la partie « Viennois ». J’assiste à des moments inédits de convivialité entre les collègues, toutes catégories confondues : ça s’interpelle d’une table à l’autre, ça rigole. Je sens que tous ces collègues ont vécu des moments ensemble extraordinaires. Probablement assez isolés dans leur bureau, ils profitent à fond de ce court moment de socialisation à  l’heure du déjeuner.  Sentiment diffus d’être une intruse.

Retour à nouveau dans les locaux syndicaux du 6e bien vides et bien silencieux, pour une incontournable et désormais habituelle réunion virtuelle avec mon équipe.

Puis re-départ dans les étages, tel un jeu de piste, à la recherche d’un maximum de collègues  déjà  sur site, pour savoir comment ils vivent ces moments de retour ou ces moments au bureau qu’ils n’ont jamais quitté puisque considérés comme personnel essentiel.  Le 2e collègue chargé de la signalétique, lui aussi de retour depuis peu, personnage haut en couleurs et bien connu du microcosme OIT, est intarissable sur la variété des panneaux à poser. Je réalise au fur et à mesure de ses explications l’ampleur de la tâche de la préparation du retour et suis envahie par un profond sentiment de reconnaissance envers tous ces collègues que je viens de rencontrer, qui contribuent à leur manière et au même titre que les autres plongés dans leurs rapports et leurs recherches, aux activités de l’OIT.

Je ne peux donc pas omettre une dernière visite au 1er étage, aux services informatiques, pour rencontrer celles et ceux qui, depuis le début, se sont évertué à rendre le télétravail plus facile de l’ensemble du personnel, du Siège mais aussi du terrain, jonglant avec les centaines de commandes de laptop (à configurer bien sûr), les écrans supplémentaires, les mobiles et les demandes plus d’une fois irraisonnées de certains(considération personnelle de l’auteur).

Cette journée particulière s’achèvera finalement par un passage obligatoire au centre de contrôle, l’occasion une dernière fois d’échanger avec les gardes et, cerise sur le gâteau, par une rencontre tout à fait fortuite et non planifiée, avec le maitre des lieux. Il est apparu tel un capitaine, choisissant les meilleurs routes maritimes pour mener à bon port le navire  OIT, évitant les écueils. La mission n’est certes pas aisée  mais j’espère qu’il sait qu’il peut compter sur son équipage dont il a pris, reconnaissons-lui cela, grand soin pendant ces moments inédits.

Toutes ces rencontres étaient donc nécessaires et  utiles et vont permettre  au Syndicat de mieux répondre aux nombreuses questions que ses membres se posent sur le retour au bureau.

En tous cas une chose est sûre, aucune discussion virtuelle ne remplacera, jamais, le contact humain.

 

 

2 commentaires

  1. Superbe video Catherine. Ça nous dinne envie de retourner au bureau. Un grand merci aux personnes engagées dans la préparation des bureaux.

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