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Depuis bientôt un mois, le personnel du BIT dans la région Afrique travaille à partir de son domicile suite à l’apparition de la pandémie de COVID-19 qui a amené la plupart des États à prendre des mesures de protection de leurs populations. Parmi ces mesures, il y a «le confinement obligatoire » qui astreint chacun à rester chez soi. Le travail à distance est une expérience nouvelle à laquelle chaque bureau, chaque travailleur, essaye d’apporter du sien, avec les moyens du bord, en vue d’atteindre les résultats assignés.

La majorité des bureaux dans la région ont doté leur personnel des moyens de communication afin de rester joignable, notamment le téléphone et/ou SIM prépayée. Le personnel dit « essentiel » qui devait télé/travailler a été doté, quant à lui, de laptop et modem pré chargé pour l’internet. D’autres collègues travaillent avec leurs propres matériels (laptop, desktop, connexion internet, imprimante, scanner, unités de communication, etc.). Ce dispositif permet, dans une certaine mesure, de maintenir à flot les activités. Le leadership de l’administration régionale, le soutien des directeurs des bureaux et des coordinations du système des Nations unies ainsi que l’agilité et l’engagement du personnel permettent de trouver des alternatives pour la poursuite des activités du terrain.

Le télétravail est réalisé non sans difficultés pour tous indistinctement. Il affecte le sens notoire du travail qui a consisté, jusqu’à un passé récent, à quitter son domicile. Désormais et de manière inattendue, tout se passe à domicile avec émergence des difficultés d’un autre genre, entre autres :

  • Inadaptation de l’environnement de travail (mobiliers inadaptés, nuisance sonore, aléas climatiques (chaleur, etc.) ;
  • Apparition des collègues inhabituels et exigeants (conjointe/e, et autres dépendants) avec leur lot de préoccupations ;
  • Coupures d’eau et d’électricité qui affectent la réalisation des actions dans les délais ;
  • La pression des sollicitations devenues presque toutes « urgentes » ;
  • Omniprésence et longue durée des réunions quotidiennes qui induisent la lassitude et la nervosité ;
  • Dépendance et non fiabilité des moyens technologiques de communication ;
  • Difficulté de synchroniser les plannings de travail avec les collègues n’ayant pas accès à Internet et aux facilités de communication ;
  • Insuffisance des moyens logistiques pour apporter les réponses à certaines requêtes ;
  • Difficulté de rendre les résultats dans les délais et d’assurer un encadrement efficace des subordonnés ;
  • Incompréhension de certains managers pour des actions prises tardivement.

Comme pour chaque situation, le télétravail avec confinement en prime, offre tout de même des points positifs. J’en note deux : il forge l’esprit de travail en indépendance d’une part, et d’autre part, il rapproche la famille au niveau de la transparence et l’organisation personnelle.

A côté des difficultés évoquées, il serait possible d’améliorer les conditions de rendement du télétravail dans le contexte régional s’il était possible de prendre en compte les suggestions suivantes :

  • Réduire le nombre et la longueur des réunions sur Skype et autres moyens de communication grâce à une discipline personnelle et un ordre du jour clair et pertinent;
  • Fournir un effort pour se conformer aux temps de travail en respectant les pauses et le temps de week-end ;
  • Veiller à l’équilibre travail et vie privée ;
  • Explorer la possibilité de créer, lorsque cela est possible, un petit cadre de travail adapté pour être productif.

Je suis persuadé que le télétravail dans le confinement, en dépit de ses difficultés, est une occasion offerte à chaque membre du personnel pour se découvrir face à l’adversité. C’est pendant ces moments que se révèlent les artistes !

 

(Si la video met du temps à charger vous pouvez cliquer sur ce lien : chaîne youtube du Syndicat du personnel de l’OIT)

 

 

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En ce moment, les semaines se suivent, s’étirent et se ressemblent et peut-être que déjà, ce qui vous semblait extraordinaire il y a 4, 3 ou 2 semaines se transforme déjà en une forme de routine.

Le télétravail par exemple ? Fastoche !

Le skype à 45, le zoom, les webinaires ?  Des jeux d’enfants ! Quoique très éprouvants pour la concentration et qui ne remplaceront jamais les contacts humains. En effet, qui n’a pas ressenti ces derniers jours de grands moments de solitude après avoir parlé dans le micro et expérimenté 10 secondes interminables de silence (Ok, on nous a bien recommandé de parler l’un après l’autre, mais quand même 10s ça fait long) sans voir les mimiques habituelles de ses interlocuteurs  ( 🙂 , 🙁  , 😮 ) ou de  ceux qui gribouillent sur leur carnet, qui réprimandent un bâillement intempestif ou qui veulent absolument prendre la parole en agitant frénétiquement leur stylo comme une baguette de majorette. Le contraire est également vrai:  je défie quiconque en ce moment  de ne pas avoir eu  la furieuse envie de cliquer sur le bouton « terminer la session», en pensant aux milliers de choses encore à rendre par écrit  avant la fin de la semaine à celui ou celle qui  justement en ce moment  est entré dans une longue diatribe en s’écoutant parler.  En fait on se découvre  plein de nouvelles  qualités que l’on pourra sans aucun doute faire valoir  face à  un jury de concours telles que la patience, l’écoute, l’empathie, la résilience  et même parfois l’indulgence pour son prochain.

 

La réponse de l’OIT face aux défis de ce fichu virus par exemple ? Check !

Comme nous sommes tous des adeptes assidus des réseaux sociaux et complètement accros à la page spécialement créée sur internet à son égard, on le voit bien que nous sommes tous des champions et des championnes, notre Directeur général n’arrête d’ailleurs pas de nous le dire tous les 3 jours et ça fait tellement du bien aux égocentriques que nous sommes tous.  Savourons bien ce moment présent, il est précieux et peut ne pas se représenter avant longtemps.

En même temps, (allons bon, voilà que je me mets à parler comme mon président, qui lui aussi nous cause dans le poste un jour sur deux) si ce ne sont pas les centaines de spécialistes que nous sommes, travaillant d’arrache-pied dans cette organisation, issus du monde des employeurs, des organisations syndicales et des gouvernements, ne sommes pas capables de fournir des réponses, aidés par tout le personnel administratif nécessaire à la bonne marche organisationnelle, alors qui le sera ? C’est une momentum inédit que l’ensemble du personnel a déjà saisi, au regard de la présence de l’OIT dans les débats internationaux ou sein des Nations unies actuels. Nous pouvons en être fiers et ne nous laissons pas abattre par la critique facile et récurrente qui, selon mes sources bien informées, a déjà commencé à pointer le bout de son nez du côté de certains mandants. Mais que veulent-ils à la fin ?

Piétiner toutes les valeurs et protection des travailleurs que l’OIT a mis plus d’un siècle à construire, ne pas les appliquer à la fonction publique internationale et que le futur de notre travail ressemble à celui du Moyen-Âge ?

 

La résilience et la faculté d’adaptation du personnel de l’OIT par exemple ? Des initiatives formidables !


Alors pour casser cette routine et faire battre en retraite l’humeur morose quant à tant d’incertitude, la tachycardie folle ou le découragement devant l’ampleur de la tâche qui soudainement se manifestent dans la journée ou la nuit d’ailleurs, le personnel de l’OIT a des ressources cachées inépuisables pour garder le moral. Que ce soit des skypes apéros ( va-t-on tous finir aux AA ?) ou des « Chitrali Café», des chansons you-tube décrivant le quotidien de nos collègues, des dizaines de dessins humoristiques, des photos de place de télétravail fleuries ou des vidéos de rouleaux  de papier toilette combinés avec des dominos se déroulant dans l’ensemble de leurs espaces confinés (euh oui, ça existe, je l’ai visionné…)  Tout ce qui contribue à tisser du lien social est de toute façon bon à prendre, on ne sera pas très regardant en ces temps difficiles.

Allez courage et Bonnes Pâques !

 

 

Dear Colleagues,

I’m not an economist, I’m not a lawyer.

I’m only passionate about debates on social, political and economic issues.

And I wonder about which kind of world my kids will have to live in.

This is why I’d like to talk a little bit about a controversial subject, to see if there is an appetite for discussions and exchanges.

Basic Income.

These two words are quite popular in these times of Covid-19, when trying to imagine how to overcome the economic problems our societies are already facing, due to the slowdown of activities all over the world.

Even in the US, Alexandria Ocasio-Cortez demands the government to distribute a universal basic income and implement ‘Medicare for all’ to fight the coronavirus.

So, what is this Basic Income?

Cash payments (rather than in-kind transfers) made to individuals (rather than to households) on an unconditional basis (as opposed to being tied to a means test or work requirement).

“The goal of such programs is to provide a guaranteed minimum level of income to all persons, thereby giving them the freedom to say “no” to unattractive and potentially exploitative offers of employment, and the freedom to say “yes” to any number of other pursuits, whether it be staying home to raise a family, pursuing the life of an artist, or simply surfing the beaches of Malibu.”

 

Awesome!

But who pays for that?

And overall, is it fair?

“Why, after all, should hardworking laborers have some of their wages taken away to support surfers who eschew work to pursue their hobby?”

“For starters, many people under our current system do not face any requirement to make a contribution to society—namely, the rich. If reciprocity is such an important political norm, why is it only a problem when the poor are able to enjoy leisure without working? More fundamentally, why assume that the only form that a social contribution can take is paid labor in the marketplace? Artists, parents, homemakers, and many others make a vitally important social contribution, for which they are often financially compensated either poorly or not at all. A UBI that provides these individuals with a minimum level of income will arguably make things more fair with respect to considerations of reciprocity, not less.”

And is it really feasible? And how?

If you are interested in finding answers to these (and many other) questions, I suggest you to read this book (from which the above quotations come): Basic Income: A Radical Proposal for a Free Society and a Sane Economy by Philippe van Parijs and Yannick Vanderborght

Here you find a short but really well done review of the book https://www.ethicsandinternationalaffairs.org/2017/basic-income-van-parijs-vanderborght/

Other interesting link if you want to know more about Basic Income.

https://basicincome.org/ the Basic Income Earth Network

https://www.youtube.com/playlist?list=PLkzjbW_sNXE_fywK-iKQ0HJF_DcMRQTNG four videos du Mouvement Français pour un Revenue de Base

I’d like to conclude with the words of Philippe van Parijs, the author of the book.

“The possibility of society granting an income to people who make no effort to receive it is considered morally reprehensible by large sections of both the right and the left. But if we look at the UBI [Universal Basic Income] in a little more detail, we can see that it corresponds to a third generation of social subsidies: the first one appeared in certain Flemish and German cities during the 17th century and was exclusively an assistance for the poor; the second one was set up by Bismarck in Germany and had the character of solidarity among workers; and the third generation of social income, to which the UBI belongs, considers these as a dividend for the social wealth accumulated over generations and which, therefore, should be distributed to the whole of society. The value behind UBI is therefore justice, not charity or solidarity.”

“I came to this idea of the UBI at the beginning of the 1980s when unemployment began to become massive and it was intended to be combated through the incessant increase in production, an ecologically unsustainable proposal, or with the old recipe of state ownership of the means of production, which, in real socialism, ended freedom and did not achieve the end of inequality.

The UBI offered an alternative to neoliberalism and state socialism, because it allowed people to free themselves from both market subjection and state submission, it was environmentally friendly and very radical and inspiring, it promised a utopia for the future that people were passionate about”

https://www.pressenza.com/2018/07/philippe-van-parijs-the-biggest-objection-to-a-basic-income-is-moral/