La retraite après le BIT

Familier du monde du travail et fin connaisseur des difficultés vécues par les travailleurs vieillissants, il est rare qu’un fonctionnaire du BIT ne prépare pas sa retraite… Cependant, pour les collègues qui travaillent au siège à Genève, différents obstacles restent encore  à franchir. Ainsi, faut-il rester dans le confort et la paix de Genève, ayant acquis quelques habitudes d’une vie facile ?  Comment penser et entreprendre la démarche d’un retour au pays après plusieurs années d’absence? Faut-il continuer à travailler ? La vie à l’étranger dans un luxe relatif et une sécurité certaine rend difficile toute idée de départ. Les congés dans les foyers tous les deux ans restent généralement brefs et superficiels.

En ce qui me concerne, il s’est agi d’une retraite anticipée pour raisons de santé. Cette fragilité a suscité une réflexion plus approfondie sur le choix de vie. Comment profiter au mieux des quelques années qui restent à vivre en « bonne » santé ? Mon choix s’est porté sur l’option  de travailler sur place quelque temps puis de partager mon temps entre Genève et l’Afrique, pour profiter des avantages de chaque lieu.

Magistrate de formation et membre fondatrice de plusieurs associations parmi lesquelles l’Association des Femmes Juristes de Côte d’Ivoire créée en 1984 et Prisonniers sans frontières (une ONG œuvrant pour l’amélioration  des conditions de vie dans les prisons d’Afrique de l’Ouest) ; le besoin de me sentir utile m’a encouragée à  procéder en deux étapes. D’une part, réveiller ces réseaux et d’autre part, faire une formation continue sur la médiation, mon objectif étant d’intégrer l’institution du Médiateur de la République de Côte d’Ivoire. La formation dûment effectuée à Genève, et les contacts repris à Abidjan, j’ai la chance d’être bien occupée à la fois comme Conseiller du Médiateur de la République  et en qualité d’expert à la Commission nationale des Droits de l’homme.

Pour rappel, la Côte d’Ivoire sort d’une décennie de crises politiques graves qui se sont soldées par des milliers de morts et de victimes civiles. Les dégâts sont nombreux tant au niveau du tissu social, des liens intercommunautaires et les fragilités politiques toujours perceptibles.

C’est à cette œuvre de reconstruction sociale et juridique que je participe modestement mais activement, en y apportant toute l’expérience acquise au BIT.

 

Patricia Myriam ISIMAT-MIRIN

Abidjan, Côte d’Ivoire

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