Santé et Sécurité au Travail

Entretien avec Moussa Oumarou

Comment prévenir et protéger le personnel sur les risques liés à la santé et la sécurité au travail ?  C’est l’un des défis majeurs auquel l’A dministration et le syndicat sont confrontés  pour répondre aux attentes du Personnel.  Si  des progrès ont été enregistrés – grâce à leur collaboration –  pour sensibiliser et protéger le personnel, des questions majeures se posent notamment autour du stress.   Moussa Oumarou, Président du comité  sur la santé et la sécurité au travail (CSST) s’est prêté au jeu des  questions pour  Union, levant  un coin du voile sur les préoccupations du personnel en matière de santé et sécurité au travail…

Union : L’A dministration, après de longues négociations avec le Syndicat,  a instauré récemment le Comité sur la santé et la sécurité au travail (CSST). Pourquoi ce comité et comment fonctionne-t-il ?

Moussa Oumarou : Un comité sur la Sécurité et la Santé au Travail (CSST) existe depuis de nombreuses années au sein du BIT.

Le nouveau comité a  un mandat différent. En effet, s’il est toujours un comité- conseil,  il doit aujourd’hui proposer une gestion adaptée de la Sécurité et Santé au Travail (SST) basée sur les principes directeurs de l’OIT en la matière, en contrôler le suivi et proposer des améliorations continues.

Ce  comité paritaire est un moyen d’assurer que les points de vue des employés du BIT comme ceux de l’Administration sont pris en considération. En qualité de président, j’assure que les recommandations qui sont faites sont en accord avec les messages que délivrent l’OIT en matière de SST et que lesdites recommandations apportent un plus pour tous.

Au-delà de la représentation bipartite nous avons également des appuis techniques. Ainsi, le Service LABADMIN-OSH nous assiste pour la conformité avec les normes internationales du travail pertinentes ; le médecin conseil et l’assistante sociale sont également invités et sollicités selon les besoins techniques.

Nous avons également, depuis le dernier Document de  Gouvernance Interne (IGDS, n° 385) se rapportant au CST,  un coordonnateur de la SST.

Son rôle est d’importance dans la formulation de propositions d’action, de mise en œuvre du plan d’action adopté par le CSST et la coordination entre les bureaux et leurs comités.

Union : A ce jour, quel est le   bilan de cet organe paritaire en faveur du personnel et quelle est votre feuille de route  pour 2017?

 

Même si nous aurions voulu aller plus vite, il était important qu’une base solide soit établie. À cet effet, un plan d’action a été proposé au comité basé sur les principes directeurs de l’OIT. Le système des Nations Unies a validé ce plan d’action dans son système de gestion et sert de base pour toutes les Organisations.
Pour 2017, notre priorité est la formation car les comités doivent avoir des connaissances en SST pour améliorer leur fonctionnement. Le CSST sera incessamment saisi pour  validation des modules de formations préparés par son Coordinateur qui seront ensuite proposés  à brève échéance à tous les comités, avec une mise à disposition d’outils de gestion en matière de SST.

L’amélioration de la communication est également l’un des grands points car  de nombreuses craintes sont souvent liées au manque d’information. Nous devrons donc communiquer plus souvent et surtout de manière plus structurée.

 

  1. Union : La santé, sureté et sécurité au travail doivent être universelles au sein de l’OIT. Où en sont les créations de Comités sur le terrain ?

 

Il y a des comités dans la plupart des bureaux et il y a bon espoir qu’à brève échéance tous les bureaux en soient bientôt pourvus. Certains sont plus actifs que d’autres et nous recevons des commentaires régulièrement par le biais du Coordonnateur du CSST.

 

  1. Union : Au siège, la rénovation du bâtiment se poursuit. Bien que le risque zéro n’existe pas, quelles garanties apportez-vous pour que les normes les plus élevées en matière de SST et de bien-être du personnel au travail s’appliquent pendant la rénovation ?

 

L’entreprise générale et ses sous-traitant travaillent dans le  respectant des lois et règlements du pays hôte. La Suisse a une législation stricte qui se base sur les Conventions et Recommandations de l’OIT en la matière. L’équipe de rénovation qui suit les travaux est en relation continue avec les instances officielles pour le respect de ces normes avec des réunions et communications régulières avec l’Inspection du travail tout comme avec la Police du feu.

Le coordonnateur CSST est informé régulièrement des mesures liées à la sécurité des personnes et rend compte au président du CSST chaque fois que le besoin se fait sentir.Il y a également des séances de formation qui sont fournies par le coordonnateur pour communiquer au mieux avec les entreprises notamment lorsqu’elles travaillent dans la zone en chantier. Le service de sécurité du BIT fait également des suivis et contrôles avec l’équipe de rénovation. Le comité a été sollicité pour la protection du personnel du BIT car ,   à certaines périodes, le bruit et la poussière ont créé des nuisances hors de la zone de chantier malgré les mesures contractuelles et les précautions prises.

Le comité a fait des propositions pour limiter les risques et on peut dire que les efforts déployés ont porté leurs fruits.

 

  1. Union : La question du stress au travail reste l’une des préoccupations du syndicat.  Certaines initiatives  prises par l’administration ( telles que des sessions d’information à l’heure du déjeuner) à  la fin de l’année  2016  laissent  penser que la gestion du stress au travail est   uniquement une affaire individuelle. Celles-ci  ont suscité beaucoup de questions de la part  du personnel. Est-ce à dire  qu’il n’y a aucune  responsabilité  de la part de l’employeur  en matière de gestion du stress ?

 

Toute mesure permettant de réduire les effets liés au stress professionnel est la bienvenue lorsqu’elle est efficace. Les ateliers proposés en fin d’année par le service médical et l’assistance sociale étaient destinés aux personnes désirant améliorer, individuellement, leurs connaissances sur les effets néfastes du stress.

Ceci dit, la  responsabilité qui incombe à tout Manager est claire et consiste en la, préservation, la promotion et le maintien  du plus haut degré de bien-être physique, mental et social des travailleurs dans toutes les professions. Prévenir le stress au travail fait partie de cette responsabilité.

 

  1. Union : Quel est  ou quel sera le rôle du CSST dans ce domaine et quelles  mesures préconiserez-vous pour prévenir le stress et favoriser le bien-être de nos collègues au travail ?

Le rôle du CSST est tout d’abord de proposer des mécanismes pour éviter que le stress ne soit néfaste en insistant sur cette l’approche qui confère la priorité au préventif  avant le curatif. Autrement dit,  l’ordre des priorités n’est pas de soigner une maladie mais d’éviter qu’elle ne frappe.

Il faudra donc connaitre la situation actuelle dans tous les bureaux pour définir  les priorités à mettre en place et ainsi envisager la formation des personnes à tous les niveaux, responsables comme subordonnés. Il n’est pas inutile d’insister qu’il faut aller au-delà de la simple proposition ponctuelle mais trouver des mesures pérennes de protection collective. Le stress lié au travail concerne toutes les catégories professionnelles et ses effets font peser de lourdes hypothèques sur  la qualité du  travail qui doit être du plus haut niveau.

En guise de conclusion sur ce sujet, permettez-moi de dire à vos lecteurs que le rôle du CSST est d’assurer et de donner une cohérence de toutes les initiatives liées au bien-être et à la prévention du stress au travail.

 

Interview réalisée par Mamadou Kaba SOUARE

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